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Rendez-vous avec Elisabeth Cadoche, journaliste et Anne de Montarlot, psychothérapeute
Auteures du livre “Le syndrome d’imposture“,
pourquoi les femmes manquent tant de confiance en elles ?
Les auteures nous font l’honneur d’animer la live conférence “S’autoriser à développer son potentiel” le mardi 16 mars 2021 à 12h30.
(inscription en bas de page)

 

 

1. Pourquoi traiter ce sujet maintenant ?

EC/ADM : L’émergence du mouvement #Metoo a entraîné des témoignages de femmes concernant aussi bien la sphère privée que la sphère professionnelle et surtout, l’écoute de leur parole. Il existe pléthore de livres sur la confiance en soi. Pour notre part, nous avions souvent eu des discussions avec des amies, des connaissances et avions pressenti que le sujet affectait principalement les femmes. En étudiant la question de plus près, nous avons trouvé des études et des chiffres qui confirmaient notre pressentiment. En traitant le sujet, en interviewant des femmes, nous avons compris que parfois, elles n’avaient pas identifié le syndrome, que souvent, elles en avaient honte. Le fait d’en parler a fait réaliser aux femmes que c’était très répandu, cela a ouvert les vannes.

 

2. Le titre de votre livre est “Le syndrome de l’imposture”. Pourquoi avoir choisi ce terme plutôt que “d’imposteur” ?

EC/ADM : Imposteur est un nom masculin singulier mais un phénomène singulièrement féminin !

En anglais, « impostor » est du genre neutre. En français, le mot “impostrice” n’existe pas.

 

3. Selon une étude, on estime que 70% des personnes ” à haut-potentiel” seront touchées par ce syndrome. Que pensez-vous de ce chiffre ?

EC/ADM :  Les « Haut Potentiel » sont très souvent des “over achievers” qui souvent redoublent de travail, sont dans la sur-performance pour combler des croyances d’imposture à propos d’eux-mêmes. Dans l’enfance, le fait d’obtenir des résultats sans effort les a fait dévaloriser ces résultats. Ce faux pli perdure à l’âge adulte.

 

4. La confiance en soi est un élément clé dans ce sujet, mais pas que. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

EC/ADM : Quand la confiance en soi nous fait défaut, on peut tout de même l’acquérir, à force de bonne volonté, d’application et d’action. En revanche, une nouvelle composante entre en jeu avec le syndrome d’imposture, c’est l’anxiété. Non seulement on manque de confiance en soi mais l’image de soi reste déformée. Même si les objectifs sont atteints, on ne peut pas se percevoir comme compétent, on est incapable d’intérioriser le succès. Au contraire, on se sent encore plus exposé et on développe une forme d’anxiété, une angoisse d’être démasqué.

 

5. Dans le monde professionnel, quels sont les signaux d’alerte qu’émettent généralement les collaboratrices ? En tant que responsable RH ou manager, comment les reconnaître ?

EC : Il convient d’être attentif à des comportements de procrastination, ou de sur-travail. C’est une chose d’être très investie, c’en est une autre de rester tard, de se surcharger de tâches, de ne pas savoir déléguer, (micro-manager (signe de perfectionnisme)). Un autre signal d’alerte est que les collaboratrices développent une hypersensibilité au feed-back, se concentrent presque exclusivement sur ce qui ne va pas, manquent d’esprit d’équipe et enfin, réalisent un peu tard que les objectifs ne sont pas atteignables.

ADM : En tant que RH, il faut également être conscient de ses biais cognitifs, savoir reconnaître les clichés qu’on a intériorisés (sexisme, racisme, stéréotypes sociaux), savoir que les femmes tendent à minorer leurs succès et même leurs compétences en entretien d’embauche. Que les perfectionnistes peuvent cacher un syndrome d’imposture, de même que la procrastination.

 

6. Comment aborder le sujet avec les collaboratrices identifiées ? Comment les accompagner ?

EC/ADM : Reconnaître leur réussite (les femmes sont parfois atteintes du syndrome de la bonne élève et ont besoin d’une « bonne note » pour valider leur réussite).

Dans le cas d’un échec, savoir analyser froidement la situation pour leur éviter de s’écrouler, pour qu’elles acceptent d’en faire une étape et de repartir rapidement.

Leur rappeler que la confiance est fluctuante, refaire des bilans de compétence.

Et évoquer le syndrome d’imposture, en parler, pour mettre un nom sur leur « souffrance ».

 

Conseils pour les collaboratrices :

  • avec son patron ?

Osez postuler et réclamez quand l’occasion se présente pour une promotion ou une augmentation, n’hésite pas à vous affirmer, à demander du feedback, évitez de vous déprécier, ne tombez dans le piège du perfectionnisme et du travail à outrance et mettez des limites.

  • avec des personnes à encadrer ?

Apprenez à déléguer, à faire confiance sous peine de burn-out. Donnez du feedback et faites des compliments quand c’est justifié. Et n’hésitez pas à cocher vos employés.

  • avec des collègues de même niveau hiérarchique ?

Discutez, communiquez, partagez équitablement les tâches et “fake it until you make it!”. Compensez vos doutes en affichant un moral, une posture et des atours de gagnante.

Live Conférence

“S’autoriser à développer son potentiel

Pourquoi les femmes sont peu nombreuses à des postes à responsabilités ?”

par les deux auteures du livre
“Le syndrome d’imposture – Pourquoi les femmes manquent tant de confiance en elles ?”

Mardi 16 mars 2021 de 12h30 à 13h30
sur Teams

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