"Si vous n'avez pas de grands rêves, vous n'aurez pas de grandes réussitesé
 

"Si vous n'avez pas de grands rêves, vous n'aurez pas de grandes réussites"

Jeudi 9 novembre, Paul Dubrule, co-fondateur du groupe Accor, honorait de sa présence la cérémonie de remise des diplômes à la promotion 2004 du CPA, EMBA de CEPI Management. L'occasion pour ce jeune homme de 72 ans de revenir sur quelques moments de son parcours professionnel.



Après le mot d'introduction de Jean-Claude Vacher, résumant la carrière de Paul Dubrule, ce dernier évoque son plaisir à revenir dans le Nord : "Plus on prend de l'âge, plus les racines sont fondamentales". Puis il explique que sa vie professionnelle fut "très liée à la formation". Il rappelle qu'au moment où il a créé Accor, il valait mieux être cadre dans une grande entreprise, "ce qui était le cas de Gérard Pélisson (1) qui était chez IBM".
Sur la création d'entreprise, M.Dubrule estime qu' "aujourd'hui, les créateurs sont flattés, aidés" par divers organismes et que "le plus difficile n'est pas de créer mais de résister. A mon époque, une fois l'obstacle de la création franchi, nous avions un boulevard devant nous" dit-il.



De l'ambition et de la réussite
Puis, Paul Dubrule évoque New York et le jeune homme de 24 ans qui s'ennuie dans une banque. Il étudie le secteur de l'hôtellerie pendant un an et rentre en France. Les quatre premières années sont difficiles : "Quand j'avais un terrain, je n'avais plus d'argent et inversement. Je me disais : je dois tenir six mois".
En 1967, c'est le premier hôtel à Lesquin avec le pari de s'implanter en dehors du centre-ville : "lors de l'inauguration, j'ai annoncé que c'était le premier d'une chaîne de cent hôtels. J'avais 32 ans et la plus grande chaîne en comptait sept".
Aujourd'hui, Accor compte 4200 hôtels dans le monde avec 160000 salariés. Le groupe réalise un CA d'un milliard d'euros. "Nous avions un esprit de conquête" explique-t-il. Une de ses dernières réussites est l'implantation en Chine avec l'ambition de construire deux cent hôtels. Ce qui lui fait dire : "si vous n'avez pas de grands rêves, vous n'aurez pas de grandes réussites".



Points de vue marketing et politique
Paul Dubrule insiste ensuite sur l'existence de deux types de marketing. "On confond souvent le conceptuel et l'opérationnel. Dans le marketing conceptuel, il faut inventer, il ne faut pas demander au client ce qu'il souhaite".
Il admet que dans le concept de Novotel, il y avait le prix et l'idée de réseau : "l'avantage d'une chaîne, c'est que l'on s'améliore à chaque fois".
Paul Dubrule raconte, enfin, sa carrière politique : "J'ai aimé être maire de Fontainebleau, j'ai moins apprécié être sénateur" et lance à l'assistance : "vous devriez faire de la politique. Il n'y a pas de chefs d'entreprise au Parlement". Il évoque ses actions de mécénat au Cambodge où il a créé une école et rappelle qu'à 68 ans, il a entrepris un périple à vélo de huit mois pour aller inaugurer celle-ci. A 72 ans, il s'apprête à repartir mais ne sait pas où.



Le CPA, EMBA, une expérience humaine avant tout
Pour terminer la soirée, Alain Gougenheim, Président de la promotion 2004 du CPA, évoque l'expérience humaine de cette formation faite de "liens peu visibles mais solides" et remercie Jean-Claude Vacher de les avoir "encadrés, soutenus, appréciés".

(1) Gérard Pélisson est, avec Paul Dubrule, le co-fondateur du groupe Accor.






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