L'actualité a été particulièrement
riche depuis le dernier numéro de
Forum CEPI Management. Deux
Soirées Sextant ont notamment eu
lieu. En voici quelques extraits.
Le e-manager
Le 8 octobre dernier, nous accueillions Yves
Couillard (CPA 95), ancien président de
Hewlett-Packard France.
"Le management doit tenir compte de sept tendances
majeures, parmi lesquelles : La vitesse (le
cycle de décision s'accélère, le déploiement stratégique
doit être plus rapide. "Le futur, c'est
aujourd'hui, le présent, c'était hier" (Gilles
Granier, PDG d'Intel). Le zapping : l'abondance
d'information crée la volatilité,
les membres de l'entreprise
deviennent infidèles et exigeants,
ce qui ralentit les
projets de longue durée.
L'intuition : il n'y a plus de linéarité,
on passe d'une idée à
l'autre sans savoir dans quel
ordre établir les choses. C'est l'hypertexte ".
Yves Couillard formule quelques recommandations
: " Mettez en place des scenarii de rupture,
prendre le risque de la différence : le " me-too "
est condamné. Reconstruisez l'entreprise autour
de l'information et replacez le manager dans la
nouvelle donne de l'information : il doit exploiter
l'information pour décider, pas la détenir.
Travaillez en mode projet, en petites équipes
réactives, et partez de la confiance que vous pouvez
avoir en vos équipes. Aimez vos employés.
Ouvrez la porte aux nouvelles générations ".
Intégrer les jeunes
dans l'entreprise
Patrick Lemattre est intervenu sur ce thème le
3 décembre. Professeur à HEC, il collabore auprès
de nombreuses entreprises dans les domaines de
l'organisation et du dialogue social.
"Nous vivons aujourd'hui la même rupture qu'en
Mai 1968, mais de manière plus soft. La jeune
génération n'a pas envie de changer le monde,
elle a envie de trouver une place dans ce monde.
Ils ont une approche émotionnelle sans s'enga-
ger sur le fond. On bricole son entrée dans la vie.
Tout bouge autour de moi, je suis donc flexible et
je m'adapte : c'est la doityourselfgeneration.com.
: Les jeunes ont-ils un projet
professionnel ?
"Quand l'avenir est flou, on n'a que des projets
vagues. Ce qui compte, c'est de surfer, c'est ma
survie, c'est ma compétence : m'en sortir. C'est
MOI en tant que Société Anonyme. Le problème
est alors de fidéliser ces jeunes. Je me conçois
comme une entreprise, dans toutes les configurations
possibles. Je dois avoir une compétence à
vendre. L'entreprise à périmètre et à personnel
variable, voilà la solution.
: Quels sont leurs repères
d'appartenance ?
"Ils ne croient pas
aux grandes structures
ni aux partis
politiques. Ce sont
des pièges, un
système manipulatoire.
La règle qui
prévaut est celle du
jamais sans mes potes. C'est chacun dans sa bulle, et
toutes les bulles ensemble. Et ne met pas les bulles
dans une boîte. Leur bulle est émotionnelle : réseau,
cooptation, clan, auto-organisation...
: Quel est leur processus de
choix ?
" Méfiance d'abord : les accords sont faits pour
être rompus. On fait son marché (société de surabondance).
Ce sont des caméléons nomades
(nomadisme, expérience, zapping) ".
: Quelle est leur philosophie
de vie ?
"Le long terme, tu rigoles... Regarde ce que
tu vas toucher à la retraite. Il faut jouir du
moment, faire la fête, être décontracté.
Priorité au fun (plaisir, jeu, sensualité,
fête) ".
: Quelle entreprise pour les
jeunes ?
Suivant la matrice présentée lors d'une
précédente Soirée Sextant par Jean-
Christian Fauvet, et retravaillée par
Patrick Lemattre (voir ci-dessous), les
jeunes ne s'intègrent pas très bien dans
l'entreprise, car ils recherchent le meilleur
de chaque système.
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