Comment faire "Manager par le sport"
 

Manager par le sport

Responsable de production d 'une unité à Arc International, Thierry Nollet pratique la voile depuis l'âge de douze ans. Impliqué dans l'organisation de régates de championnat, et corporatives (inter-entreprises), il explique comment les enseignements du sport rejaillissent sur le management de son équipe.

CEPI Management : vous êtes impliqué depuis 1992 dans l'organisation de régates mettant en compétition des dériveurs, en quoi consiste cette activité ?
Thierry Nollet - Arc International : L'univers des régates est un milieu fermé, qui réclame une bonne expérience de la voile. Mon rôle de délégué régional consiste essentiellement à communiquer auprès des autres sections corporatives et à adapter le calendrier des compétitions pour le rendre compatible avec les aléas climatiques de notre région. Depuis la création de la section voile à Arc International, j'ai ainsi participé à la réalisation de sept régates corporatives. Le dernier challenge inter-entreprises a réuni 28 embarcations.

: En tant que sportif, que vous apporte cette discipline ?
Comme la plupart des activités de plein air, la voile est d'abord un sport d'agrément qui procure un sentiment d'évasion. La pratique de la voile est un formidable moyen de décompresser et de se ressourcer. L'inconvénient, par rapport à d'autres sports, c'est que l'on ne peut pas forcément s'entraîner tous les jours.

: Quels liens faites-vous entre la pression que vous rencontrez lors des compétitions sportives et celle qui s'exerce dans le management d'équipes en entreprise ?
En tant que manager de production, je suis confronté aux contraintes et aux exigences d'un métier en feu continu. La voile est une discipline technique, qui réclame de la rigueur et de la préparation. Ces qualités sont indispensables lorsqu'on dirige une équipe de 600 collaborateurs dans le domaine de l'industrie. La voile est également un sport d'endurance qui nécessite beaucoup d'efforts et de technicité, en particulier lorsqu'il s'agit d'affronter les éléments en pleine mer. Dans l'entreprise, ce ne sont pas toujours les cadres qui "barrent" et les ouvriers qui "rament" : l'élitisme n'a pas non plus sa place en voile. A contrario, l'esprit de corps et la motivation des équipes se révèlent rapidement lors des compétitions corporatives.

: Vous présidez depuis sa création la section "voile corporative" d'Arc International, quelles démarches faites-vous pour promouvoir ce sport dans l'entreprise et encourager sa pratique ?
La politique d'Arc International est largement favorable à la pratique sportive. L'entreprise dispose d'ailleurs de ses installations et organise chaque année son propre challenge omnisports. La section voile regroupe une vingtaine de licenciés. Cet effectif n'est pas important par rapport à d'autres sections comme le football ou le tennis. La pratique d'un sport corporatif favorise un bon climat dans l'entreprise. La convivialité qui règne au sein des sections permet de créer de nouveaux réseaux en interne et de nouer des contacts avec le tissu économique local et régional dans le cadre des compétitions.

Eclairage...

Le point de vue de Jean-Luc Thomas et de Pascal Lemaire.

Si la pratique d'un sport dans le cadre d'une entreprise a incontestablement un effet fédérateur positif, il serait illusoire de transférer stricto sensu un modèle "sportif" à une équipe en entreprise : le rôle d'un "coach" est complexe.

: Stratège, tacticien, "motivateur"
Le coach peut adopter une position de stratège, de tacticien ou de "motivateur". Stratège, il construira une "machine de guerre", décrivant ses cibles, analysant ses ressources et celles de l'adversaire, travaillant la préparation et combattant les freins à l'adhésion. Chacun est à sa place et contribuera à l'atteinte des objectifs. Le coach devra gérer les rivalités, en donnant à chacun des opportunités (de carrière) attendues. Tacticien, il transmettra à son équipe cette capacité à jouer la tactique : faire évoluer un schéma d'organisation en cours de jeu. Chacun a compris le mécanisme d'adaptation et les facteurs clés de succès du moment, donnant ainsi de la flexibilité à l'équipe. Les facteurs de succès sont intégrés, le changement n'est déstabilisant que pour l'adversaire. "Motivateur", il joue la mise en phase des énergies individuelles sur le registre émotionnel : il parle des valeurs qui rassemblent, de l'expérience partagée. Son management est fondé sur la capacité d'un groupe à se "dépasser". L'homme trouve les mots justes, l'énergie canalisée permet au groupe de trouver des solutions qui emporteront le challenge.

: Un travail de motivation individuelle
Cette approche irrationnelle trouve ses limites si la technique n'est pas maîtrisée par les individus. Lorsque le collectif s'épuisera, un travail de motivation individuelle devra prendre le relais pour ramener les individus dans le collectif. Le coach motivateur ne sera efficace dans la durée que lorsqu'il saura transformer la motivation (sur les valeurs partagées) en mobilisation (focalisée vers une cible, sur un projet). Le coach stratège ou tacticien sera souvent remarquable en analyse mais sous estimera le travail nécessaire pour passer de la motivation à cette mobilisation. Le Manager en entreprise se doit de jouer sur tous ces registres : fédération, stratégie, tactique, motivation, mais il n'a pas trop de temps pour porter un regard sur son mode de fonctionnement du moment. Un peu de recul ne nuira pas pour constituer l'équipe gagnante. Faites du sport...

CEPI Management possède une expertise du management dans des clubs sportifs reconnus. Pour mettre ces expériences à profit dans votre entreprise, contactez Jean-Luc Thomas ou Pascal Lemaire au 0320 259 759.



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