Développement durable : changer l'entreprise... et le monde !
Voilà trois ans que le cycle "Conduite des Processus et Fonctions" s'intéresse aux problématiques du développement durable. Dans le cadre d'un partenariat de longue durée avec l'association Alliances, les participants 2005 ont mené des ateliers et des missions sur ce sujet.
L'occasion pour Forum CEPI Management de faire un point concret sur ce
concept directement profitable pour concept directement profitable pour l'entreprise.

Le développement durable est aujourd'hui une idée largement relayée par les médias. Victime de son succès, il passe parfois pour un gadget marketing ou une marotte écologiste. Pour clarifier les esprits, on peut le définir comme un modèle de développement responsable, conciliant efficacité économique, progrès social et préservation des écosystèmes. En pratique, on lui préfère aujourd'hui le concept plus ciblé de "Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE)". Didier Peillon, chargé de l'accompagnement des entreprises au sein de l'association Alliances, définit la RSE comme "la dimension du développement durable qui relève uniquement de l'entreprise". Et pour couper court aux idées reçues, il ajoute que ce n'est pas de la philanthropie, c'est directement profitable à l'entreprise", une démarche d'entrepreneur, dans laquelle la créativité et les hommes sont au premier plan.
Le développement durable est aujourd'hui une idée largement relayée par les médias. Victime de son succès, il passe parfois pour un gadget marketing ou une marotte écologiste. Pour clarifier les esprits, on peut le définir comme un modèle de développement responsable, conciliant efficacité économique, progrès social et préservation des écosystèmes. En pratique, on lui préfère aujourd'hui le concept plus ciblé de "Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE)". Didier Peillon, chargé de l'accompagnement des entreprises au sein de l'association Alliances, définit la RSE comme "la dimension du développement durable qui relève uniquement de l'entreprise". Et pour couper court aux idées reçues, il ajoute que ce n'est pas de la philanthropie, c'est directement profitable à l'entreprise", une démarche d'entrepreneur, dans laquelle la créativité et les hommes sont au premier plan.
Une démarche positive
Alliances, qui a pour objectif de faire connaître la démarche RSE, a ainsi identifié des bénéfices concrets pour l'entreprise : économies des ressources nécessaires à l'activité, relations commerciales renforcées, approche innovante des enjeux de l'entreprise. et sur le plan social une motivation accrue des salariés et une attractivité en termes de recrutement. Des exemples d'initiatives positives, Mathieu Le Roux en connaît beaucoup. Lors de la remise des diplômes du CPF 2004, ce jeune diplômé HEC et auteur du livre "80 hommes pour changer le Monde" a mis en lumière des entrepreneurs responsables, rencontrés lors de son périple de 15 mois à travers le monde.
"Le développement durable est directement profitable à l'entreprise."
Ainsi de J. Bergkvist, initiateur d'une politique environnementale originale dans la première chaîne hôtelière scandinave. Scandic Hôtel, alors en crise, cherche en 1995 à réduire ses frais. Tous les salariés sont formés aux enjeux environnementaux : 2 000 propositions émergent comme remplacer les petits savons par des distributeurs, raccourcir les rideaux qui couvrent les radiateurs, chauffer une chambre inoccupée à 16°. Pour un investissement initial de 200 000 euros, Scandic Hôtel réalise une économie substantielle de 2 millions d'euros.
M. Le Roux expose encore le cas de cet industriel allemand confronté à une problématique : son entreprise est stigmatisée comme polluante, car elle produit du solvant chloré, destiné au nettoyage de pièces métal. K. Stutzle décide alors de changer son business model : au lieu de vendre un produit, le solvant, il vend un service, le nettoyage des pièces métal. Plus rentable, cette nouvelle organisation permet aussi de récupérer et recycler un produit éminemment toxique.
Une démarche de changement
On le voit, la démarche RSE passe par un changement de mentalité et une démarche créative. "L'urgence, souligne M. Le Roux, n'est plus de décrire le mur vers lequel on fonce, mais d'imaginer d'autres solutions, de passer en logique d'opportunités." L'opportunité de résoudre autrement les problématiques qui se posent à l'entreprise. L'opportunité aussi de se démarquer de la concurrence. Comme cet entrepreneur du Nord-Pas de Calais, spécialisé dans l'import de pierres, qui a remporté un appel d'offres en proposant un transport par péniche, moins polluant que le transport routier de ses concurrents. "C'est une logique d'offre à double niveau", analyse D. Peillon. En plus de l'offre prix, l'entreprise peut oser faire la différence en proposant une "offre à responsabilité environnementale ou sociale partagée". Attention toutefois de ne pas tomber dans le travers du simple positionnement marketing. "On ne s'engage pas dans une démarche RSE pour donner une belle image de l'entreprise, mais pour créer une dynamique autour d'un sens commun partagé par l'ensemble des collaborateurs", prévient D. Peillon.

Cette dynamique d'entreprise est pleinement illustrée par l'exemple de Monoprix. Il y a quinze ans, pour sortir de la confrontation frontale sur les prix, le groupe se positionne en leader sur la distribution de produits "bio". Aujourd'hui, sa démarche s'inscrit dans une politique managériale transversale. Claude Samson, Directeur de la Samada - filiale logistique de Monoprix -, observe ainsi chez ses équipes une forte implication autour des nouveaux projets. "En tant que salarié et en tant que citoyen, chacun d'entre nous - moi compris - se sent acteur du changement, à propos de problèmes qui nous concernent tous." Et quel changement, quand on sait que la Samada va mettre en place en 2007 un nouvel acheminement des marchandises vers Paris intra-muros : le transport par voie ferrée remplacera l'équivalent de 15 000 camions par an circulant sur le périphérique. Bénéfice pour l'entreprise : en évitant les bouchons à l'entrée de la capitale, chaque camion - "propre" bien sûr - pourra augmenter son nombre de tours journaliers de livraisons.

La démarche de Responsabilité Sociale et Environnementale n'est pas réservée aux grands groupes, loin s'en faut. L'association Alliances propose ainsi de réaliser, pour les entreprises de moins de 500 personnes, un diagnostic RSE gratuit. Cette étude synthétique et chiffrée des performances actuelles de l'entreprise s'accompagne également de pistes de réflexion autour de performances potentielles. L'occasion pour les entrepreneurs régionaux de dépasser définitivement les idées reçues et de réaliser concrètement l'aspect "cofructueux" de la Responsabilité Sociale et Environnementale.
Éclairage.
Par Franck Théry,
Directeur des Cycles
d'Entraînement
Une entreprise n'a pas vocation à mener des actions autour du développement durable par simple souci éthique. Elle doit y trouver un intérêt. Notre but est de lui démontrer cet intérêt. Voilà l'objet de notre partenariat avec Alliances, expert en la matière : Après l'étude d'un cas concret et la réalisation d'un diagnostic RSE, chacun des participants du cycle CPF va devenir ambassadeur et moteur dans son entreprise autour de ces thématiques.
|