Remise des diplômes de la promotion 2005
 

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L'éthique en entreprise, conjuguée au passé, cherche une déclinaison au futur
La remise des diplômes de la promotion 2005 CPF (Cycle de Conduite des Processus et Fonctions) a été animée par une conférence de Nicolas Postel, universitaire et maître de conférences en économie, sur le thème de l'éthique en entreprise.



Un sujet introduit par Benoît Demuynck, responsable de la formation, lorsqu'il rappela à l'assistance la nécessité qu'a le manager à évoluer et à s'adapter de manière permanente à ses collaborateurs. "Il est important d'avoir de la considération pour les personnes afin d'entretenir le potentiel de création et de tirer l'entreprise vers le haut. L'écoute s'effectue désormais de manière transversale et non plus de manière hiérarchique." Ce constat ou plutôt cette nécessité trouva rapidement écho dans la définition de l'éthique en entreprise exprimée par Nicolas Postel : "une discussion sur les règles communes."

Au coeur des différentes responsabilités sociales de l'entreprise, cette discussion est la clé de voûte de la réussite du capitalisme qui ne "peut exister sans compromis éthique". Contrariant ainsi la citation introductive de Milton Friedman ("La véritable responsabilité éthique de l'entreprise, c'est de maximiser son profit"), le conférencier note que cette notion a été intégrée durant les trente glorieuses, suivant le modèle Fordiste. La mise en place du CDI, de règles salariales collectives, d'une protection sociale et de services publics s'accordait alors avec le développement de l'entreprise. Celle-ci évoluait "dans un monde sans contraintes financières. Le marché était assez ouvert pour tous et permettait le tissage d'une macro-éthique avec le marché du travail". Ce compromis s'accompagnait du Taylorisme, mode de gestion des ressources humaines dans lequel l'individu se contentait d'appliquer sans penser et où la parole était bannie de l'entreprise. Macro éthique sociale, donc, et absence de dialogue micro dans l'entreprise.

Le modèle fordiste n'allait pas faire long feu. Avec la globalisation financière, datée par le premier choc pétrolier, et l'arrivée de la notion de compétitivité des prix, il faut désormais constater l'échec de l'éthique telle qu'on l'entendait par le passé. Le dogme du progrès, qui faisait fi des contraintes environnementales, doit désormais prendre en compte de nouvelles contraintes. "Avec la crise actuelle, les compromis volent en éclat et les cotisations sociales sont considérées comme un impôt." L'époque est donc en rupture avec les anciennes valeurs éthiques même si ces changements dans l'entreprise, réclamés par une flexibilité importante induisant une précarisation des statuts, une crise de la protection sociale et une individualisation des droits, offrent une responsabilisation accrue de l'employeur et de l'employé. Le délitement du compromis macro éthique oblige ainsi les acteurs à en reconstruire un nouveau au niveau micro.
"Cependant, indique Nicolas Postel La primeur est toujours donnée à l'efficacité. Il y a une hérarchisation des valeurs et une logique de court termisme." A l'avenir, l'entreprise est donc appelée à changer en intégrant de nouveaux paramètres. "Le jeu stratégique est complexe et les frontières de l'entreprise ne sont plus les mêmes. On devrait assister à l'émergence d'une convention commune, certainement à un niveau international. Aujourd'hui, il manque un cadre commun pour associer social et productivité." C'est à la construction de ce cadre commun entre éthique et efficacité que contribue le mouvement de la responsabilité sociale de l'entreprise.



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