Synthèse de l'après-midi ouverte aux entreprises«
Manager est un sport »
Les universités d'été du coaching, organisées par l'International Coach Federation France, ont pour la première fois ouvert leurs portes aux dirigeants d'entreprise, concernés au premier chef par le thème cette année : la performance. Retour sur quelques témoignages qui ont été l'occasion de découvrir la richesse de l'outil du coaching en entreprise.
C'est au moment de sa prise de fonctions que Julie Bazin , directrice de ventes à La Poste, s'est vue proposer son premier coaching. « Ma nomination correspondait à d'importantes restructurations sur mon secteur géographique, et mon patron m'a suggéré un accompagnement pour franchir cette étape difficile ». Avec son coach, Julie a particulièrement travaillé sur ses forces et ses faiblesses. « Moi qui étais à fond dans l'action, j'ai pris de la hauteur. mais attention, une fois coaché, on va plus vite que les autres !... ».
Ni formateur, ni consultant
Le coaching professionnel dont a bénéficié Julie a émergé en France à partir de 1995. Les quelque 400 coachs reconnus en France accompagnent des personnes ou des équipes pour le développement de leurs potentiels et de leurs savoir-faire dans le cadre d'objectifs professionnels. Loin du « gourou » ou du « psy », le coach amène son client à changer de regard sur sa problématique et à envisager par lui-même les solutions. L'accompagnement est toujours limité dans le temps et formalisé par un contrat et des objectifs. Comme l'explique Alain Cardon, l'un des pionniers du coaching en France , « le coach n'impose pas de solution au client, il impose une forme de relation entre eux deux pour obtenir des résultats concrets et mesurables ». Ce qui distingue encore le coach du formateur ou même du consultant. Jean Voisin, associé chez Ernst & Young, est accompagné ponctuellement par un coach. Il est donc bien placé pour en témoigner : « le formateur transmet des techniques et des expertises ; le consultant propose les solutions à mettre en ouvre ; le coach, lui, nous aide à répondre à des situations concrètes en agissant comme un miroir ».
La mesure de la performance
Pour Alain Cardon, le coach doit toujours prendre en compte la performance de l'organisation, même quand le coaching est individuel. « Les résultats sont issus des interfaces entre les individus, plus que de la performance des individus eux-mêmes : une équipe aura beau être constituée des 5 meilleurs, il n'y aura pas forcément de valeur ajoutée si le travail sur les interfaces est inexistant » insiste-t-il. Autre travers repéré dans une équipe cherchant la performance : la focalisation sur les moyens. « Les services de l'entreprise dépensent beaucoup d'énergie à fixer des objectifs et à se doter de moyens, alors qu'il y a souvent peu de lien entre les moyens réclamés et les résultats attendus » déplore le coach, exemples à l'appui. Il lance ainsi à ses pairs leur vrai défi : « la démarche de coaching consiste donc à se faire aspirer par nos ambitions plutôt qu'à se laisser pousser par des moyens. ».
NB : Pour des raisons de confidentialité, les identités ont été modifiées.
Les deux principales fédérations en France accréditant les coachs professionnels sont l'International Coach Federation (ICF France) et la société française de coaching (SF Coach). Cf. le site Internet www.icffrance.org
Alain Cardon était l'intervenant de cet après-midi et les universités ont également accueilli au cours des 3 jours Danièle Darmouni, Daniel Grosjean, Catherine Chambon ...