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Autrement dit – « Nous réalisons la moitié de notre activité, en dehors de la région »

Par 13 juillet 2018 Aucun Commentaire

Discret centre de formation basé à Marcq-en-Barœul, le CEPI se targue de former les dirigeants, actuels et ceux de demain, depuis 65 ans. En plusieurs décennies, il est sorti de ses bases nordistes, a diversifié son offre de formation et nourri d’autres projets en lien avec le réseau consulaire. Alors qu’il vient d’adopter une nouvelle visuelle pour marquer ces changements, son directeur explique ces développements à Autrement dit.

Le CEPI est réputé plutôt discret. Pourquoi ce changement de charte graphique maintenant ? C’est une vieille institution mais toujours bien active. Avec toute la fraîcheur de gens qui ont envie d’avancer. Il devenait important de marquer le coup et profiter de nos soixante-cinq-ans pour parler des projets que nous sommes en train d’engager. Aujourd’hui, le CEPI accompagne plus que jamais les dirigeants dans leurs transformations. Le CEPI a, désormais, tous les atouts d’une entreprises, filiale d’une chambre de commerce. Sa vocation? Assurer un développement territorial à l’échelle des Haut-de-France. Mais pas que. Nous sommes dorénavant présents pour la moitié de notre activité, hors de la région.

C’est hors de ses frontières que se dessine l’avenir du CEPI? Nous sommes dans un phénomène d’aspiration qui nous amène à être sollicités au-delà de des Hauts-de-France. Nous réalisons aujourd’hui près de 3M d’euros de chiffre d’affaires dont la moitié de la région. Et nos résultats sont en croissance: en 2017, nous avons affiché une progression de 14% de notre CA. Nous sommes assez présents en région parisienne mais, finalement, un peu partout,dans l’hexagone, en soutient de quelques partenaires.

Quel est le modèle du CEPI? Nous entraînons et préparons à des métiers, plutôt que de simplement former les gens. Le CEPI a été créé à l’origine par des industriels. C’était l’époque de la deuxième révolution industrielle. La transformation des grandes entreprises textiles devait s’opérer. Un des moyens de s’y préparer supposait, dans l’esprit de quelques industriels de l’époque, de former des cadres dirigeants prêts à servir de guides dans cette formation. Le CEPI a été créé sur ce besoin. Nous avons rejoint, par la suite, le giron consulaire. La formation de initiale et continue fait partie des missions régaliennes d’une CCI. Il se trouve que le CEPI grandissait, avait besoin de place, de locaux. La CCI nous a accompagnés, ce qui avait du sens pour le CEPI. La vocation des Chambres est quand même d’accompagner et de participer au développement d’un territoire. Ce fut la première grande transformation du CEPI Management. La deuxième transformation remonte au début des années 2000. Former les hommes n’était pas suffisant, il fallait les accompagner dans la mise en ouvre de leurs stratégies, par de l’accompagnement individuel, voire du coaching.

Le CEPI reste dépendant des moyens financiers de la CCI? Nous sommes économiquement  autonomes. Nous tirons exclusivement nos ressources du produit de nos activités. Nous ne touchons aucun subside, ni consulaire, ni de qui que ce soit. Notre statut ne nous permet d’ailleurs pas de bénéficier de taxe professionnelle, d’apprentissage, etc…

Comment vous positionnez-vous aujourd’hui, face aux grandes écoles de management qui proposent de plus en plus de programmes adaptés ? Nous avons une approche très pragmatique de préparation à des métiers. Notamment à des métiers de direction générale à travers un programme dédié, le CPA. Mais nous assurons, également, un suivi sur des métiers dédiés à des cadres de comités de direction et à du management intermédiaire, sur des missions de transformation des entreprises. De grandes écoles de commerce font aussi partie de nos partenaires. Nous pouvons les accompagner sur des programmes de dirigeants. Il y a un marché et, évidemment, de la concurrence, je ne vais pas faire d’angélisme. Le tout est de trouver son positionnement. La notre trouve un marché, et elle le fait depuis 65 ans, en mettant en avant ses différences.

Quelles sont ces différences qui vous permettent de vous démarquer ? La première, c’est de mettre l’Homme au cœur du système, en permanence, et l’économie au service de l’Homme. C’est peut-être un premier point qui peur nous distinguer des écoles de commerce où le résultat des entreprises est mis en avant, en priorité.

Et plus concrètement? Des dirigeants d’entreprises parlent aux chefs d’entreprises. La différence repose sur la pédagogie. Nous ne nous positionnons pas dans une relation prof-élève, mais sur une notion d’entraînement de professionnel à professionnel. Ce n’est pas mieux ou moins bien. Mais nous misions sur la capacité des participants à pratiquer et mettre en œuvre la conduite du changement. Surtout, l’entreprise devient aussi le terrain de jeu de tout ce que nous pouvons expérimenter avec eux. Certaines sociétés se plaignent parfois de ne pas voir le gain d’une formation de leurs collaborateurs dans l’entreprise. C’est très important de jouer sur ces deux niveaux, le décideur et la structure. De grands groupes, dont les sièges sociaux sont situés en région parisienne, viennent chercher cela chez nous…alors qu’ils ont pléthore d’offres à proximité. Résultat, nous avons noué des contacts jusqu’en Outre-mer. Lesquels nous ont sollicités pour créer, in situ, des programmes de ce niveau-là.

Quels programmes de formation proposez-vous? Nous avons trois programmes majeurs, diplômants. Ce sont des programmes longs. Le principal se déroule sur une année et la formation offre, à l’arrivée, le titre de dirigeant d’entreprise (en niveau un). Nous avons deux autres formations: l’une destinée aux membres de comités  de direction et l’autre destinée à des dirigeants en poste ou en devenir. Nous avons, en plus de ces programmes diplômants, des offres de formation plus courtes. Chaque année, nous accueillons dans nos locaux ou à l’extérieur. Nos programmes vont de 16 à plus de 600 heures de formation. Nous veillons chaque année à renouveler cette offre, en menant des travaux de prospective sur l’évolution des dirigeants à horizon 2030, par exemple. Nous les élaborons dans des comités qui mélangent chefs d’entreprises, représentants des syndicats professionnels…Il nous permettent d’apporter les éléments de nouveauté nécessaires. Le CEPI étant propriétaire de ses diplômes, le souci est, à chaque fois, d’aller chercher le ou les meilleurs qui pourraient contribuer au développement de nos participants. Nous allons, par exemple, travailler avec les équipes de Saint Cyr qui ont des choses à nous apprendre en matière de leadership. il en résultera un module qui viendra enrichir un de nos programmes. Nous cherchons aussi à travailler des formations dans la durée. Il faut se garder des effets de mode.

Il n’y a donc pas de formation de management type ? Nous nous gardons de tomber dans des propos normatifs. Ce serait une ineptie et contraire à la réalité des entreprises qui sont toutes différentes et peuvent être dans des phases de croissance ou de décélération, de transformation ou de capitalisation.

Président de la CCI de Grand Lille, Philippe Hourdain avait évoqué la création d’un Institut du dirigeant dans les locaux du CEPI (le président Hourdain évoquait même, en 2015, une possibilité d’extension du site de la rue Albert Bailly pour accueillir ce programme, ndlr) ? Le projet est-il toujours d’actualité ? Ce projet est toujours dans les tuyaux et cette réflexion me paraît tout à fait intéressante. CEPI Management est, évidemment, engagé dans cette dernière. L’idée étant d’apporter la réponse de formation adaptée à des dirigeants patrimoniaux, propriétaires de leurs entreprises et qui ont des problématiques non pas plus importantes, mais qui peuvent être, à certains égards, tout à fait particulière. C’est un volet complémentaire de notre offre de formation actuelle. Un groupe de travail s’est monté autour de CEPI Management. Les travaux sont en cours. Il reste à trouver le bon modèle économique.

Propos recueillis par Jonathan Blanchet dans le journal Autrement dit.

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